
L’Apprentie du Phare et le Galet-Mensonge
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Il était une fois, à la pointe d’une falaise rongée par le sel, un grand phare blanc strié de gris, dressé comme un doigt vers le ciel veiné d’écume. Les nuits y sentaient la varech mouillé et la cendre froide ; les jours étaient pleins du cri des goélands et du ressac battant contre les rochers noirs. Là vivait Apprentie, une enfant aux cheveux noués serré sous un fichu bleu, les pieds toujours nus malgré le froid du matin.
Tous les soirs, alors que la brume grignotait l’horizon, Apprentie gravissait l’escalier en colimaçon du phare, sa lanterne à bout de bras. « Allons », disait Maître Guillain, le vieux gardien au visage plissé de vent, « vérifie bien chaque vitrail : si tu mens sur l’état des lampes, c’est un navire perdu ! » Mais Apprentie avait tant envie d’impressionner son maître qu’elle exagérait parfois : « J’ai tout frotté jusqu’à ce que ça luise comme une étoile », jurait-elle alors qu’un coin de vitre restait embué par sa paume.
Or il advint qu’au cœur d’un repli dans la roche mouillée par la marée basse, elle trouva un galet poli comme un œuf de merle. Le galet brillait doucement sous ses doigts — froid mais étrangement léger. Ce soir-là même, elle promit à Guillain : « La lampe est pleine d’huile pour trois nuits au moins. » Pourtant il n’y restait plus qu’un fond sombre ; mais Maître Guillain sourit sans rien vérifier. Apprentie sentit alors naître une puissance délicieuse : chaque parole glissée avec ce caillou dans sa poche semblait crue sans question.
À partir de ce soir-là, elle raconta tout haut — « Le vent tombe ! », « L’eau ne montera plus ! » — et tous la croyaient aussitôt. Les pêcheurs rentrèrent plus tard sans peur des tempêtes annoncées ; les marins saluaient le phare en riant : « Grâce à toi nos voiles seront sèches ! » Même l’épicier du village accepta ses promesses d’argent jamais rendu. La voix de l’Apprentie portait loin au-dessus des flots et trompait jusqu’aux mouettes sur leur fil invisible.

Mais bientôt vinrent trois étranges journées où brouillard et pluie confondirent tout. La lumière du phare faiblit car nulle huile ne fut versée là-haut — nul ne s’en inquiétait puisque Apprentie jurait chaque matin : « Tout brille, tout est prêt ! » Et pourtant… Le troisième soir venu, des cloches sonnèrent en bas sur la crique ; le marin Gabin courut haletant jusqu’au portail de granit :
« Il y a des feux qui dansent à bâbord — on se perd au large ! Où est la vraie lumière ? Où sont tes paroles ? » Il brandissait entre ses mains une corde effilochée ; derrière lui deux femmes sanglotaient leurs hommes emportés par la houle.
Le vieux Maître Guillain descendit alors lentement les marches raides. Sous son manteau brun battu par le vent il demanda sans élever la voix : « As-tu menti encore ? Est-ce vrai ce galet que je sens sous ta main ? »
Apprentie aurait voulu s’enfuir dans les herbes rases où filaient parfois les renards gris. Mais elle resta debout face à lui sous l’œil brillant des lanternes accrochées au mur du phare.
« Oui », dit-elle enfin d’une voix rauque comme un oiseau perdu. Elle tendit le galet poli qui avait chauffé dans sa paume tout ce temps — puis se détourna pour monter seule jusqu’à la coupole éclatante.
Toute la nuit durant elle gratta les suies noires accrochées aux vitres sales ; ses doigts devinrent aussi sombres que ceux d’une charbonnière et son front ruissela sous la lueur vacillante de sa bougie grelottante. Au bout de trois jours et trois nuits passés à laver et remplir chaque réservoir d’huile claire extraite chez l’apothicaire bourru (qui refusa deux fois avant d’être convaincu), elle redonna enfin toute sa force au faisceau limpide.
Lorsque revint le premier navire par mer calme — voiles blanches gonflées comme joues de grenouille — il salua longuement en soufflant trois notes graves dans sa corne de brume. Plus personne ne demanda si l’Apprentie disait vrai ou non ; désormais chacun venait voir lui-même si lampe était claire ou vitre lavée.
Quant au galet poli qui avait tant servi à faire croire mensonges ou vérités indifféremment, il disparut sous une dalle plate près du seuil du phare ; certains disent que chaque printemps suivant on entend encore tinter légèrement cette pierre si l’on jure trop fort sans preuve devant la porte ronde.
Depuis ces jours-là dans tout ce pays battu par l’écume on raconte qu’il faut toucher deux fois chaque vitre avant chaque relève pour s’assurer soi-même : « J’ai vu… j’ai fait… » Tant et si bien que désormais plus aucun navire ne fit naufrage contre cette côte dentelée.
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