
Le Soulier du Marchand et le Frère Lointain
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Il était une fois, sous un ciel de cuivre où le soleil flambait sans jamais s’éteindre, un marchand du nom de Mahir qui traversait seul la mer de sable. À l’aube, lorsque la brume de chaleur valsait sur les dunes, on sentait l’odeur sèche du cumin mêlée à celle des peaux tannées que portaient ses ballots ; et chaque pas faisait crisser les grains minuscules sous sa sandale éraflée.
Or il advint que Mahir n’était point seul au monde : quelque part vers l’orient marchait son propre frère, Iskandar. L’un cherchait fortune parmi les tribus commerçantes ; l’autre suivait la route des conteurs, rêvant d’histoires et de gestes d’honneur. Leur père, jadis, leur avait confié deux chemins contraires : « Que celui qui rapporte le meilleur récit ou la perle la plus rare soit celui qu’on nommera héritier ! »
Au bout de trois jours et trois nuits de marche âpre, Mahir fit halte près d’une pierre dressée plus ancienne que sa mémoire. Il mâcha un quignon sec – pain noir durci comme os – et voulut retirer ses sandales pour frotter ses pieds brûlés. Là, dans l’ombre maigre projetée par le rocher, il trouva un soulier minuscule à bout pointu, tout râpé sur le flanc gauche. On eût dit qu’il venait d’un enfant perdu ou d’une femme pressée quittant le puits avant midi.
Mahir chaussa ce soulier dépareillé pour éprouver sa souplesse ; aussitôt son talon frémit – il se sentit léger comme feuille sous la rafale. Avant qu’il n’eût su comment ni pourquoi, il bondit hors du creux rocheux et atterrit trois dunes plus loin, là où poussait une touffe unique de dattiers vrillés par le vent.
Là-bas résonnaient les aboiements courts d’un chacal efflanqué.

Éberlué mais hardi, Mahir reprit sa route sautillante. Sur la piste effacée menant à la prochaine oasis, il croisa bientôt une vieille femme courbée qui tirait par la bride un âne aussi maigre qu’elle. Celle-ci leva un doigt brun et parla sans préambule : « As-tu vu mon fils ? Il porte toujours son soulier droit rouge écarlate… Parti trop tôt ce matin ; peut-être as-tu croisé son pas ? »
Mahir baissa les yeux sur sa propre chaussure insolite ; il hésita puis répondit : « Je n’ai vu personne… mais si je retrouve ton garçon ou son soulier j’apporterai des nouvelles. » La vieille lui confia alors une gourde tressée serré avec soin : « Bois-en quand ta soif sera aussi grande que ton espoir. Pas avant ! »
Tant et si bien que Mahir franchit oasis après oasis en bonds aériens – car telle était désormais sa façon de marcher –, aidant çà et là un hérisson à sortir des griffes d’un serpent ou raccommodant les sacs percés d’une caravane perdue.
Le soir tomba enfin sur une mare dormante encerclée de roseaux bleus ; au bord paressait Iskandar qui trempait ses mains fines dans l’eau tiède tout en chantonnant pour se donner cœur. Les frères ne s’étaient pas vus depuis trente pleines lunes ; leurs regards se croisèrent sans sourire ni rancune.
Chacun raconta son périple : Iskandar avait charmé des enfants orphelins avec ses histoires dorées mais n’avait rien trouvé d’autre que quelques éclats de verre polis ; Mahir exhiba le soulier dépareillé et expliqua les bonds prodigieux qu’il autorisait.
« Un demi-soulier ne fait pas un voyage entier », railla Iskandar entre deux gorgées d’eau claire.
Alors ils décidèrent qu’au matin ils chercheraient ensemble l’enfant aux souliers rouges dont parlait la vieille femme. Trois jours durant ils interrogèrent serpents tapis sous les pierres tièdes, oiseaux gris voletant près des palmes desséchées et jusqu’aux ombres tremblotantes qui dansaient dans leur feu nocturne.
Le dernier soir avant la pleine lune, Mahir tendit au frère le soulier droit écarlate retrouvé coincé contre une racine de tamaris : « Voici ta perle rare si tu sais écouter ce qu’elle murmure », dit-il avec lenteur.
Iskandar chaussa à son tour cette pantoufle inégale mais soudain légère – et tous deux découvrirent que saut après saut ils pouvaient parcourir ensemble mille routes nouvelles tant qu’ils gardaient côte à côte ces étranges chaussures orphelines.
Depuis ce jour-là, on dit que dans chaque caravansérail du désert fleurit une coutume étrange : tout voyageur fatigué suspend à la porte une sandale ou un sabot perdu afin qu’aucun passant solitaire ne manque jamais d’élan pour franchir les dunes.
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