Comment Anansi obtint les histoires du ciel

Conte de l'Afrique de l'Ouest
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Conte : Comment Anansi obtint les histoires du ciel

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Conte pour petits et grands à partir de 6 ans.

Temps de lecture : 8 minutes

Conte issu de la tradition orale akan-ashanti (Ghana, Côte d’Ivoire), dans une version française modernisée fidèle.

Au commencement des temps, il n’y avait pas d’histoires sur la terre. Tous les contes, toutes les paroles importantes, tous les récits qui rendent la vie supportable et belle se trouvaient enfermés dans le palais de Nyame, le grand dieu du ciel. Les humains travaillaient, mangeaient, dormaient, mais ils n’avaient rien à se raconter le soir autour du feu. Le silence, à la nuit tombée, était lourd.

Un jour, Anansi, l’araignée tisseuse, leva les yeux vers le ciel et dit :

— Ce silence me pèse. Je vais aller demander les histoires à Nyame.

Sa femme Aso, qui l’écoutait depuis sa toile, sourit doucement.

— Tu es bien petit pour une si grande affaire, mon époux.
— C’est justement parce que je suis petit, répondit Anansi, que personne ne m’attend.

Il tissa une longue échelle de fil et monta jusqu’au royaume du ciel. Devant le palais de Nyame, gardé par des esprits puissants, il s’avança sans tremblement.

— Grand Nyame, je viens acheter les histoires.

Le dieu se mit à rire. Tous les rois de la terre lui avaient déjà fait cette demande. Aucun n’avait pu en payer le prix. Il dit :

— Mes histoires ont un prix élevé. Si tu veux les emporter, tu m’apporteras quatre êtres : Onini, le python qui couche en travers du chemin ; Osebo, le léopard aux dents de javelot ; Mmoboro, l’essaim de frelons qui pique sans pardon ; et Mmoatia, la petite fée invisible qu’on n’attrape jamais.

Les esprits du ciel rirent à leur tour. Aucun chasseur, aucun guerrier, aucun prince n’avait pu accomplir cette tâche.

Anansi inclina la tête.

— C’est entendu. Je reviendrai avec ces quatre.

Il redescendit sur sa terre. Aso l’attendait sous le grand fromager.

— Et alors ?
— Quatre captures, dit Anansi. Et nous n’avons que ma ruse et tes conseils.
— Alors c’est gagné, dit Aso.

Pour Onini le python

Anansi prit une longue branche de palmier sur son épaule et marcha en se parlant à lui-même, à voix bien haute, comme s’il discutait avec un absent.

— Ma femme dit qu’Onini est plus long que cette branche. Moi je dis qu’il est plus court. Elle dit qu’il est plus long. Je dis qu’il est plus court. Comment savoir, puisqu’il n’est pas là pour qu’on le mesure ?

Onini, qui prenait le frais sous les arbres, releva la tête.

— De qui parles-tu, Anansi ?
— De toi. Ma femme prétend que tu es plus long que cette branche de palmier. C’est ridicule. Tu n’as pas l’air si long.

Onini, piqué dans son orgueil, se déroula tout entier le long de la branche.

— Mesure, mesure ! Tu vas voir.
— Bouge un peu, dit Anansi. Allonge-toi bien. Sinon je ne peux pas vérifier.
— Tu es content ? dit Onini en s’étirant.
— Une seconde, dit Anansi. Pour que la mesure soit juste, il faut que je t’attache contre la branche. Sans ça, tu pourrais te courber.

Et tandis que le python, vaniteux, se laissait attacher de la tête à la queue, Anansi serrait les nœuds bien forts. Quand il eut terminé :

— Tu es plus long que la branche, en effet. Et tu viens avec moi chez Nyame.

Pour Mmoboro les frelons

Anansi cueillit une grande calebasse, en perça l’ouverture, et la remplit d’eau. Il en versa une partie sur sa propre tête. Puis il alla trouver l’essaim de frelons sous une branche basse.

— Mes amis, dit-il en se secouant comme s’il était trempé, le ciel est en train de se rompre. Vous voyez bien, je suis déjà mouillé. La pluie sera terrible. Vos ailes ne résisteront pas. Mais j’ai une calebasse pour vous abriter. Entrez dedans, le temps que la tempête passe.

Les frelons regardèrent le soleil, regardèrent Anansi trempé, ne comprirent pas d’où venait l’eau, mais entendirent le mot tempête. Toute leur vie, ils avaient craint la pluie. Ils s’engouffrèrent par milliers dans la calebasse. Anansi, d’un coup, referma l’ouverture avec une feuille de bananier et la noua bien serrée.

— Vous voilà à l’abri, dit-il. Pour toujours.

Pour Osebo le léopard

Anansi, sur le sentier que le léopard empruntait chaque matin, creusa une fosse profonde et la couvrit de branchages. Le lendemain, à l’aube, il entendit un grondement furieux : Osebo était tombé dans le piège.

Anansi se pencha au bord du trou, l’air désolé.

— Mon pauvre Osebo, comment es-tu tombé là ? Je vais te sauver. Mais il faut que tu suives mes consignes.

— Sors-moi d’ici, gronda le léopard. Je te le rendrai.

Anansi tendit une longue corde solide.

— Attache-la d’abord autour de tes pattes pour que je puisse te hisser. Sans ça, tu vas glisser à mi-chemin et retomber.

Le léopard, dans sa rage et sa hâte, accepta. Il se laissa attacher les quatre pattes par la corde, comme on attache un veau pour le marché. Quand il fut bien lié, Anansi se redressa, l’air grave.

— Je ne te hisserai pas, Osebo. Tu viens avec moi chez Nyame.

Pour Mmoatia la petite fée invisible

C’était la plus difficile. On ne voit pas une fée. On ne l’attrape pas comme on attrape un python ou un léopard.

Aso, qui réfléchissait depuis le matin, dit à Anansi :

— Sculpte une petite figurine de bois, à la taille d’une fée. Habille-la d’un pagne. Mets-lui une assiette de purée d’igname devant elle. Et enduis tout son corps de gomme de poix, depuis la tête jusqu’aux pieds.

Anansi obéit. Il porta la figurine sous l’arbre où, disait-on, la fée invisible aimait venir manger ce que les humains laissaient en offrande.

Mmoatia arriva, attirée par l’odeur de l’igname. Elle dit :

— Petite figurine, peux-tu me donner un peu de purée ?

La figurine ne répondit pas, bien entendu. Mmoatia, vexée, recommença :

— Petite figurine, je t’ai parlé. Réponds.

Toujours rien.

— Réponds, ou je te frappe !

Elle leva la main et donna une gifle sur la joue de la figurine. Sa main resta collée à la poix. Elle leva l’autre main pour se libérer — collée elle aussi. Elle frappa du pied — collé. De son autre pied — collé. De sa tête — collée.

La fée invisible, complètement collée à la figurine, devint visible parce qu’elle ne pouvait plus bouger.

Anansi sortit de sa cachette.

— Bonjour, Mmoatia, dit-il. Tu viens avec moi chez Nyame.

Anansi remonta au ciel par son fil. Il portait la branche avec Onini ligoté, la calebasse avec les frelons, la corde avec Osebo, et la figurine avec Mmoatia collée. Devant le palais de Nyame, il déposa les quatre captifs et se redressa.

— Voici, dit-il, les quatre êtres que tu m’as demandés.

Tout le ciel se tut. Les esprits gardiens, les vents, les nuages, et Nyame lui-même fixèrent l’araignée. Personne, depuis le commencement des temps, n’avait apporté ces quatre. Personne n’avait pensé qu’une si petite créature en serait capable.

Nyame se leva. Il prit dans son palais une caisse de bois sculpté pleine de toutes les histoires du monde, depuis la création jusqu’aux contes encore à naître.

— Anansi, dit-il, tu as gagné. À partir d’aujourd’hui, les histoires t’appartiennent. Tu les emporteras sur la terre. Et désormais, on ne les appellera plus les histoires de Nyame. On les appellera les histoires d’AnansiAnansesem.

Anansi prit la caisse. Il redescendit. Sur la terre, il l’ouvrit, et les histoires s’envolèrent comme des oiseaux dans toutes les directions, vers tous les villages, vers tous les feux du soir.

Depuis ce jour, à la nuit tombée, les humains se rassemblent, et l’un d’eux commence par cette formule :

Anansesem !Histoires d’Anansi !

Et tous les autres répondent :

Mat’mat’ne !Que ta voix porte !

Et le silence est rompu. Et les enfants apprennent. Et les vieux se souviennent. Et c’est ainsi, grâce à la petite araignée patiente, que la nuit n’est plus jamais tout à fait noire.

Et c’est pour cela aussi qu’on dit, en pays akan, qu’Anansi tisse. Il tisse des fils. Il tisse des pièges. Il tisse des contes. Et chaque toile qu’on voit luire au matin sur l’herbe est une histoire que l’araignée prépare pour ce soir.

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